J’ai souvent entendu des jugements très sévères à l’égard du disciple de Jésus prénommé Thomas. Celui qui a douté, Thomas l’incrédule… Thomas, celui qui a douté ? D’accord. Mais Thomas l’incrédule ! Je dis non, car il y a une nuance entre les deux. Le Larousse définit l’incrédulité comme une répugnance à croire. L’incrédule, même devant l’évidence, continue à nier et à rejeter. Et ce ne fut pas le cas de Thomas. Par contre, pour le même Larousse, douter, c’est être dans l’incertitude sur la réalité d’un fait. Et dans le cas de Thomas, s’il était dans l’incertitude, c’est parce qu’il n’avait pas vu, de ses yeux vu, le Christ ressuscité.

Comme bien d’autres, en un temps, j’ai aussi mis Thomas en examen et porté sur lui un jugement peu favorable. Mais en y regardant de plus près, je lui ai trouvé au moins une circonstance atténuante. Je la résumerai en ces mots : Les autres disciples ont vu Jésus pénétrer miraculeusement dans le lieu où ils se trouvaient, toutes portes barricadées, et leur montrer ses mains et son côté percé. Alors bien sûr, ils crurent. Thomas, absent, n’eut pas ce privilège. Je me suis posé la question : Est-ce que les autres auraient aussi facilement cru s’ils n’avaient pas été ces témoins de première main ?

Je crois pouvoir répondre : Non ! Et qu’est-ce qui m’y autorise ? Simplement ce que l’évangéliste Luc rapporte au chapitre 24. Alors que les femmes, après le sabbat, vinrent au tombeau afin d’embaumer le corps de Jésus, deux anges leur annoncèrent que Jésus était ressuscité. Quand elles coururent rapporter cela aux apôtres : « Ils prirent ces discours pour des rêveries et ils ne crurent pas ces femmes. » (verset 11) Des mauvaises langues diront que c’est parce que c’étaient des femmes… Moi je constate qu’eux non plus n’ont pas cru ce qu’on leur disait. Alors, je peux comprendre Thomas.

Il n’est pas plus condamnable que les autres. Et je me dis : Qu’aurais-tu fait à sa place ? Et je vous demande : Qu’auriez-vous fait à sa place ? Et je vous demande encore : N’avez-vous jamais douté ? Et je confesse humblement que cela m’est arrivé. Est-ce normal ou anormal de douter ? Même si c’est anormal, voyez-vous, ce n’est pas un crime. Et je crois que Dieu ne rejette pas systématiquement celui qui doute. Lorsque le Seigneur est revenu une seconde fois, Il ne s’est pas détourné de son disciple, Il ne l’a pas réprimandé, Il ne l’a pas puni. Il l’a autorisé à toucher ses plaies afin de le convaincre. Il l’a aidé à croire et Thomas a abandonné son doute.

Ceci me convainc que si nous doutons, le Seigneur peut en comprendre les raisons qui peuvent être très diverses et Il cherchera à mettre de l’ordre dans nos pensées, nos raisonnements, nos déductions pour que nous puissions enfin parvenir à croire sans avoir toujours besoin de démonstrations, et être par là-même plus heureux, comme Il l’a déclaré à Thomas : « Heureux ceux qui n’ont pas vu et qui ont cru. »

Si vous souffrez, cher ami, de sentir constamment le doute venir vous assaillir et détruire votre désir et votre besoin de croire, laissez-moi examiner avec vous quelques unes des raisons pour lesquelles je pense que Thomas a douté et pour lesquelles nous aussi nous doutons.

Revenons d’abord sur les paroles de Thomas : « Si je ne vois dans ses mains les marques des clous, si je ne mets mon doigt dans la marque des clous, et si je ne mets ma main de son côté, je ne croirai point. » Je, je, je, je… Thomas ramène tout à lui. C’est le rationaliste par excellence. Il refuse les preuves qui lui viennent de l’extérieur, en l’occurrence de ce que lui disent ses confrères. Il faut que ça vienne de lui. Il faut que ce soit son esprit cartésien, le témoignage de ses sens, la logique de sa pensée, qui décident si oui ou non, le Christ est ressuscité. Il n’admet aucune autre autorité que la sienne. C’est le propre de l’esprit scientifique. Ce n’est pas critiquable en soi, mais dans le domaine de la foi, c’est inopérant.

Vous avez vous-même, cher auditeur, peut-être lu la Bible qui est un témoignage extérieur, entendu prêcher l’Evangile, qui est une autre forme du témoignage extérieur, et vous pouvez rester dans le doute, peut-être même dans l’incrédulité. Vous dites peut-être, comme je l’ai maintes fois entendu : « Je n’ai jamais vu Dieu, je n’ai jamais vu le Christ. Que ne se montrent-ils afin que je croie en eux. » Raisonnement, semble-t-il, tellement logique et rationnel sur le plan humain, mais inadéquat sur le plan de la foi. Car Dieu n’est ni un humain ni un phénomène scientifique. Comme quelqu’un l’a dit : « Si l’on pouvait mettre Dieu dans une éprouvette, il ne serait plus Dieu. » Si votre esprit et vos sens veulent se montrer supérieurs au témoignage de la Parole, vous risquez de demeurer éternellement dans le doute et de ne jamais atteindre l’épanouissement spirituel dont vous avez besoin. Dieu ne se démontre pas, Il s’accepte.

Je crois découvrir une autre raison ayant conduit Thomas à douter : c’est l’ignorance ou l’oubli. Il ne devait plus se souvenir des prédictions de Jésus concernant sa mort et sa résurrection. Ou il n’y avait prêté qu’une vague attention. Et maintenant, devant la réalité de cette résurrection qu’on vient lui annoncer, il doute. Vous avez peut-être vous-même été élevé sans enseignement religieux, sans connaissance de Dieu, ou n’ayant de Jésus, le Fils de Dieu, qu’une faible et incomplète idée. Vous n’avez peut-être jamais lu la Bible. Alors, bien sûr, si l’on vous parle de Jésus né par l’intervention de l’Esprit-Saint, de Jésus portant vos péchés sur la Croix du Calvaire, de Jésus ressuscitant d’entre les morts, de Jésus élevé à la droite du Père, et de Jésus devant revenir pour enlever son Eglise, vous souriez poliment et vous restez sceptique. Vous doutez.

Je me sens, quant à moi, incapable de vous conduire vers la foi en une minute ou deux. Mais si vous aspirez à croire, j’ose un conseil : Procurez-vous une Bible ou simplement un Nouveau Testament qui est la seconde partie de la Bible, et lisez. Faites-le sans esprit de rejet, d’incrédulité ou de moquerie à l’égard des récits miraculeux que vous y découvrirez. Faites-le avec cette simple prière : « Seigneur, révèle-toi à mon coeur par ta Parole et ton Esprit-Saint. » Si vous êtes sincère, vous verrez cette foi germer en vous. Car la foi est un don de Dieu et Il la donne à qui la demande sincèrement.

On peut aussi supposer que si Thomas n’était pas présent lorsque Jésus vint, c’est parce qu’il avait été profondément affecté par la mort de son Maître, mort si injuste, si odieuse. Et la déception l’ayant atteint, il avait pu avoir envie de se retrouver seul, loin des palabres, des discussions, des pourquoi et des comment. Seul pour réfléchir, seul peut-être pour souffrir et pour pleurer. Rappelez-vous ce que souffraient les compagnons d’Emmaüs qui n’avaient pas reconnu Jésus cheminant à leur côté.

Je ne fais qu’une supposition vis-à-vis de Thomas, mais je sais bien que bien nombreux parmi nous vivent ce type de situation. Quand l’épreuve, la maladie, le deuil nous ont brisés, lacérés, anéantis, alors qu’on espérait une issue heureuse, on peut connaître un doute profond et douloureux. Et Celui qui ne vous blâmera pas, c’est Celui qui n’a pas blâmé Thomas. C’est le Seigneur Jésus. Mieux, Il vous comprend. Et là où vous vous tenez en cet instant, Il vous dit : « Je t’aime. Tu doutes de moi, mais je t’aime et je ne t’abandonne pas. Même si je t’expliquais, tu refuserais peut-être de comprendre. Mais je veux t’aider. Mets ta main, non pas dans mon côté, mais dans la mienne. Ensemble nous pourrons cheminer. Tu ne seras plus seul et ta foi germera. » Voulez-vous essayer de ne plus douter ?

Paul MOREAU

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