Le passé dont nous n’avons pas conscience car enfoui dans le subconscient et dont les psychologues peuvent parler bien mieux que moi. Mais comment ce passé peut-il influencer mon présent si je n’en suis pas conscient ? Ecoutons les comparaisons et les images que la psychologie utilise pour expliquer cela. Elle évoque l’iceberg dont 1/7 ème seulement émerge de l’eau. C’est notre conscient. Le reste, caché, est notre subconscient. Et il y a là, concentré, tous les ressentiments, les haines, les jalousies, les complexes, les perversions, etc… Tout cela se révèle parfois en remontant à la surface. Comment ?

Comprenons-le à l’aide d’une autre image, celle de la boue qui repose au fond du lac. La surface claire et limpide, c’est notre conscient. Le fond, c’est notre inconscient. Lançons une pierre. L’eau se trouble. Ce n’est pas la pierre qui l’a salie, c’est la boue du fond qui a été remuée et qui est remontée en surface.
Ecoutez ce récit authentique :

« Une mère et sa fille vivaient ensemble, et chose assez rare, toutes deux étaient somnambules. Une certaine nuit, elles se retrouvèrent toutes deux dans leur jardin, et un dialogue s’engagea entre ces deux femmes :

– Ah, te voilà, mon ennemie ! Toi qui as détruit ma vie et qui as bâti la tienne sur les ruines de la mienne ! Si seulement je pouvais te tuer !
– Ah, c’est toi, vieille femme que je déteste ! vieille égoïste qui m’empêche de jouir de ma liberté ! Ce que je souhaite, c’est que tu meures au plus tôt !
A ce moment, le coq chanta, et la mère et la fille se réveillèrent :
– Comment, c’est toi, chérie ?
– Mais oui, petite maman ! »

Quel drame ! Pendant leur somnambulisme, les vrais sentiments cachés dans leur subconscient avaient fait surface. Une fois réveillées, elles refoulaient tout et elles reprenaient le masque de la gentillesse. Savez-vous que les psychiatres sont très souvent confrontés à cette forme du complexe d’Œdipe ? Vous voyez à quel point ces problèmes du passé, quand ils n’ont pas été réglés, peuvent encore venir assaillir et troubler notre présent ! Alors, comment guérir ce passé visible ou enfoui quelque part ? Il faut d’abord être certain que l’amour de Dieu à notre égard est une réalité. Malgré mon passé souillé ou mon subconscient houleux, Dieu
m’aime et veut m’aider. Il veut me déculpabiliser, guérir ma mémoire et assainir le tréfonds de mon être.

Disons d’abord quelques mots du passé dont on est conscient. Je dois impérativement à ce sujet évoquer notre sur-moi. Le sur-moi se définit ainsi : « un élément de notre personnalité qui est le résultat de l’éducation, mot à prendre dans son sens le plus large. » Ce sur-moi modèle notre moi qui se laisse diriger par lui. Lorsque ce sur-moi est en quelque sorte un « bon code de la route », il crée un moi raisonnablement équilibré, et quand il révèle à notre moi de vraies culpabilités, de vrais péchés, il suffit de les confesser et d’en demander au Seigneur pardon et délivrance.

Mais si, par ailleurs, ce sur-moi charge notre moi de préjugés exagérés, rigides, qui sclérosent notre moi dans les domaines conjugaux, familiaux, culturels, religieux, lui enlevant toute lucidité, il crée de fausses culpabilités, sans rapport avec l’œuvre du Saint-Esprit qui Lui, révèle les vrais péchés. Ce sont alors des culpabilités injustifiées qui troublent en permanence notre paix intérieure, qui oppressent, angoissent, amènent à déprimer, et font souvent perdre l’assurance
du salut.

Pour en guérir, en dehors d’une action divine possible qu’il faut toujours demander, il est important de faire appel à la logique et à la mesure. Le docteur Paul Tournier, dans son livre « Vraie ou fausse culpabilité », écrit : « Toute culpabilité suggérée par les jugements des hommes est une fausse culpabilité si elle n’est pas attestée intérieurement par un jugement de Dieu. » Vous avez saisi. Ne laissez-pas votre sur-moi imposer à votre moi des reproches et des contraintes qui ne seraient pas l’œuvre de la Parole de Dieu attestée par le Saint-Esprit.

Il faut ajouter à cela la fausse culpabilité qui provient d’un constat d’imperfection s’opposant à un désir de perfection absolue et totalement irréalisable. Désir qui met en permanence l’individu en situation d’échec. Je ne dis pas qu’il ne faut pas chercher à s’acheminer vers un meilleur soi-même. Mais à l’image de l’apôtre Paul, qui cherchait à devenir meilleur, reconnaissons comme lui que nous n’obtiendrons jamais ici-bas la perfection et que l’amour de Dieu ne nous
condamne pas.

Au tour maintenant de ce passé inconscient. Comment l’appréhender pour le détruire ? La psychanalyse a paraît-il des moyens. Je ne suis pas expérimenté pour en parler. Mais je sais que Dieu, Lui, en a. L’apôtre Paul, faisant tout seul sa psychanalyse, constatait qu’il n’accomplissait pas le bien qu’il voulait, mais le mal qu’il ne voulait pas. Il constatait donc qu’une force intérieure mauvaise influençait son moi et lui faisait accomplir ce qui était mauvais.

Mais à ce constat d’échec, il oppose cette glorieuse réalité : « Grâces soient rendues à Dieu, par Jésus-Christ ! » C’est son cri de délivrance et de victoire. Ce que sa volonté ne peut pas faire, Dieu le peut pour lui.

Alors pour vous ? Quand les choses mauvaises remontent à la surface, ne les refoulez pas pour essayer de les oublier. Vous n’y parviendrez pas, et elles, elles ne vous oublieraient pas.

Confessez-les au Seigneur. Demandez-Lui avec foi de vous en délivrer. Mais sachez aussi qu’Il peut, si nécessaire, sonder votre subconscient et couper les racines malfaisantes qu’il renferme pour, comme on dit, détruire le mal à la racine. Que votre prière soit : « Seigneur, change mon cœur, afin que les choses anciennes soient vraiment passées, et que toutes choses soient devenues nouvelles. »

Lire la partie 1

Paul MOREAU

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