Nous trouverons le thème de notre réflexion dans la petite lettre de Paul à Tite, au chapitre 2 versets 11-12 :

« La grâce de Dieu, source de salut pour tous les hommes, a été manifestée. Elle nous enseigne à renoncer à l’impiété et aux convoitises mondaines, et à vivre dans le siècle présent selon la sagesse, la justice et la piété. »

Dans nos pays de culture chrétienne, l’expression « grâce de Dieu », n’est certes pas une expression inconnue. Ne dit-on pas, d’un ton désabusé, devant une situation que l’on ne maîtrise pas : « par la grâce de Dieu ? » Mais de quoi voulait précisément parler l’apôtre Paul, et qui était Paul ou plutôt qui avait-il été ?

Paul avait été un persécuteur. Le fait de ne pas croire en Dieu de la même manière que lui, lui était apparu dans sa jeunesse, comme un crime digne de mort. Et il s’était associé à la mise à mort d’au moins un homme, nommé Etienne. Il n’y a pas eu de grâce pour cet homme, et même Paul croyait être le bras armé de Dieu. Donc, point de grâce de Dieu pour l’hérétique Etienne. Depuis, les choses ont bien changé. Voilà découverte, cette vérité simple et lumineuse comme l’amour : Dieu ne tue point ceux qui lui font offense. Il n’ordonne pas davantage de tuer ceux qui ne partagent pas notre foi, mais Il fait grâce à quiconque le lui demande.

La grâce, qu’elle soit de Dieu ou des hommes, n’est jamais une affaire de mérite : elle est et sera toujours imméritée. Depuis la remise d’une simple contravention jusqu’à la transformation de la peine de mort, nul ne pourra jamais dire d’une manière triomphante : « Je l’ai bien méritée ! » Et il y a toujours quelque chose d’injuste dans la grâce. Paul précise que c’est de cette injustice que vient le salut de notre âme, appelé aussi « pardon de Dieu ».

Ce même Paul dit aux croyants de Rome dans le chapitre 3, au verset 23 de la lettre qu’il leur a adressée : « Car tous ont péché et sont privés de la gloire de Dieu. » C’est là une sentence péremptoire à laquelle aucune loi ne peut nous faire échapper. Le seul remède est une violation de la justice, en un mot : c’est la grâce de Dieu et seulement elle !

Pourtant, je m’interroge : « Dieu peut-Il vraiment d’un revers de sa main effacer le crime ? » Chacun ose penser en secret : « Le mien, sans doute, est si petit, mais celui de l’autre, le crime qui m’atteint, celui qui me blesse, qui blesse les miens, je ne veux pas qu’il soit oublié. C’est trop injuste ! »

Paul dit dans le passage que nous avons lu, que cette grâce a été manifestée. Il ne s’agit pas d’un privilège réservé à quelques saints ayant accumulé suffisamment de mérite pour avoir droit à un petit pardon. Non, il est question de quelque chose de bien plus grand, de bien plus beau ! En fait, l’apôtre Paul nous rappelle quelque chose d’historique : un événement qui n’aurait pas dû occuper plus de deux ou trois jours ou trois mois, des conversations de ceux qui en furent témoins. Mais cet événement si commun à l’époque, ayant atteint un homme si unique, est devenu probablement le fait historique le plus connu de l’histoire du monde. Ce jour-là, au lieu dit « le Crâne », à Jérusalem, est née « la grâce de Dieu. »
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Ce jour aussi, un seul innocent s’est volontairement offert pour mourir à la place de tous les coupables afin que tous les coupables qui le voudraient, puissent être graciés.

Il est vrai que cet innocent-là n’était autre que le Fils de Dieu.

Ce fait est majeur : il montre que le péché de tous les hommes a reçu un juste châtiment. Il y a eu faute et il y a eu aussi punition. Cette punition n’est autre que la mort infamante du Fils de Dieu sur la Croix. Quel châtiment ! Il est vrai aussi, qu’une fois le péché désormais expié, la mort n’a pu retenir Jésus, Il est ressuscité. Il est donc toujours vivant pour intercéder en notre faveur. Pour cette raison, cet événement qui aurait dû sombrer dans l’oubli, a surnagé dans la mémoire collective des hommes. C’est pour cela aussi que le message de l’Evangile – Evangile signifie : « Bonne Nouvelle » – est aujourd’hui annoncé sur la terre entière en 2018. C’est à cause d’elle que depuis le jour de Pâques, ce même message a commencé à faire le tour de la planète.

En vérité, Paul avait vu juste, en disant que la grâce de Dieu a été manifestée. Il ajoute que cette même grâce nous enseigne à renoncer. Remarquez bien, elle ne nous oblige pas, elle nous enseigne ou encore elle nous donne les moyens de renoncer.
Renoncer à quoi ? A ce qui a triomphé de nous et nous rend esclave : la drogue, l’alcool, les mensonges, l’adultère, à ce qui ruine ma vie et la vie de ceux que j’aime !

Si la liste était complète, elle serait celle des échecs secrets que les hommes traînent au fond de leur coeur. La grâce de Dieu nous apprend patiemment à renoncer. Tel cet homme qui me disait avec jubilation et humour en me parlant de sa bouteille : « Avant, elle me disait : bois-moi ! Maintenant, c’est moi qui lui dit : Je ne te boirai pas ! » Rien auparavant n’avait pu lui enseigner le moyen de dominer sa passion, mais la grâce de Dieu le lui a enseigné.

L’éducation peut nous apprendre à connaître la différence entre le bien et le mal, mais elle ne peut nous enseigner à renoncer à ce dernier lorsque nous en sommes devenus les esclaves. Mais renoncer serait trop peu – la vie ne peut être faite de renoncements – aussi Paul nous rappelle que la grâce de Dieu nous enseigne aussi à vivre, c’est-à-dire à bâtir l’avenir sur des bases qui sont saines et droites.

Notre siècle se caractérise par un nombre élevé de suicides. Les hommes qui arrivent à cette extrémité ne savent plus comment il faut faire pour vivre ! Le message d’espérance de l’Evangile peut alors leur enseigner l’art de continuer à vivre malgré leurs terribles problèmes, ce qu’engendrent les multiples infractions au mode d’emploi de la vie que Dieu nous a donné dans son Livre appelé « la Bible ».

Pour conclure, nous dirons qu’il est nécessaire à tout homme, indépendamment de toute considération religieuse, d’user de la grâce de Dieu. Elle est à la disposition de tous. Elle est gratuite. Elle est constructive et enfin elle nous enseigne à vivre dans le monde présent d’une manière sensée, juste et pieuse. Ne serait-ce pas là le secret du bonheur ?

Jean COMTESSE ✝︎

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